En plein regain de tensions avec
les Etats-Unis et alors que des spécialistes assurent qu’il s’apprête à
procéder à un nouvel essai nucléaire, le gouvernement nord-coréen a
fait une annonce grandiloquente qui a accouché d’une souris.
«Préparez vous à un grand
événement», avaient annoncé les autorités nord-coréennes aux 200
journalistes étrangers se trouvant à Pyongyang dans la nuit du 12 au 13
avril, sans donner davantage de détails.
Le 13 avril, c’est
pourtant à la simple inauguration d’un complexe immobilier et d’une
avenue que les reporters ont assisté, indique l'AFP.
Dans un
contexte où les tensions sont particulièrement vives entre Washington et
Pyongyang, les spéculations n’avaient pas manqué quant à la nature du
mystérieux événement.
En
effet, le 11 avril, la Corée du Nord s’était dite «prête à réagir» à
tout signe d’agression américaine, dans un communiqué cité par l’agence
officielle KCNA, alors que Washington a annoncé avoir envoyé des
sous-marins nucléaires ainsi qu’un porte-avions en direction des côtes
nord-coréennes.
Selon le site d’analyse américain sur la Corée du Nord 38north.org,
amplement cité par la presse internationale, des images satellitaires
prises le 12 avril feraient état d'activité autour d'un site d’essais
nucléaires, qui laisserait présager d'un potentiel nouveau test de
Pyongyang. Lire aussi : Pyongyang promet de répondre au déploiement «insensé» de la marine américaine
Seulement quelques jours après
l'offensive de Donald Trump en Syrie, Washington et Londres accusent la
Russie de crimes de guerre. C’est «transparent, sordide et absurde»,
s'indigne le journaliste Finian Cunningham.
S’il y en a un à accuser de crimes de guerre, c’est bien le président Trump, qui a donné l’ordre de mener une attaque meurtrière contre le Syrie avec 59 missiles Tomahawk une semaine plus tôt.
Ce
tir de barrage sur la base aérienne d’Al-Chaayrate et des villages
voisins, dans la province de Homs, a tué neuf civils, dont quatre
enfants, selon le gouverneur local Talal Barazi.
C'était un
massacre de la part du commandant en chef américain et clairement un
acte d'agression contre un pays souverain. Indépendamment de la
justification avancée – la vengeance pour une prétendue attaque chimique
trois jours auparavant – le président américain a agi en dépit de
la loi. Non seulement le droit international,
mais même les lois de son pays, dans la mesure où il n'a pas demandé
l'approbation du Congrès pour effectuer cette frappe aérienne.
Le président russe, Vladimir Poutine, a, d’un point de vue juridique, qualifié justement les violations du droit international de Trump.
Le
sénateur a déclaré aux médias américains que Poutine était «un criminel
de guerre aidant un autre criminel de guerre», en référence au
président syrien Bachar el-Assad
Au cours du
week-end, plusieurs dirigeants américains et britanniques ont hurlé,
bave aux lèvres, des accusations de crimes de guerre contre Poutine et
la Russie.
Le sénateur républicain Marco Rubio a étiqueté Poutine
de «complice» dans l’attaque chimique de la semaine dernière à Khan
Cheikhoun, où plus de 80 personnes ont été tuées, exposées, semble-t-il,
à un agent neurotoxique mortel. Le sénateur a déclaré aux médias
américains que Poutine était «un criminel de guerre aidant un autre
criminel de guerre», en référence au président syrien Bachar el-Assad.
Un
autre sénateur américain, le démocrate Ben Cardin, a affirmé que le
Conseil de sécurité des Nations unies créerait un tribunal spécial pour
poursuivre Vladimir Poutine et Bachar el-Assad pour crimes de guerre.
Dans une coordination évidente, les propos du secrétaire à la Défense britannique, Michael Fallon, sont apparus dans le Sunday Times. Il y a déclaré de manière absurde que la Russie était responsable de tous les décès de civils en Syrie de la semaine dernière.
Sous le titre provocateur «Le
marionnettiste Poutine doit abandonner Assad et se joindre à nous pour
établir la paix», Michael Fallon a écrit : «Par procuration, la Russie est responsable de toute mort civile la semaine dernière.
Si la Russie veut être exonérée de la responsabilité des attaques
futures, Vladimir Poutine doit faire respecter ses engagements... La
Russie doit montrer la détermination nécessaire pour mettre ce régime à
sa place».
L'ambassadrice américaine à l'ONU Nikki Haley a
poursuivi sur le sujet de la complicité de la Russie dans l'incident
syrien d’attaque chimique, déclarant que Washington «blamait la Russie»
pour ce présumé crime. Elle a également fait écho aux demandes de
plusieurs personnalités politiques américaines visant à intensifier les
sanctions économiques contre Moscou.
Le secrétaire d'Etat américain Rex Tillerson ne voulait pas que le grincheux Johnson se rende en Russie avant sa propre visite
Afin
d'envenimer le drame diplomatique qui se trame, le ministre britannique
des Affaires étrangères, Boris Johnson, a annoncé qu'il annulerait sa
visite officielle à Moscou cette semaine en signe de protestation contre
le «soutien déplorable continu de la Russie au régime de Bachar
el-Assad en Syrie».
La «décision» de Boris Johnson d'annuler son
voyage à Moscou était instruite par Washington. Le secrétaire d'Etat
américain Rex Tillerson ne voulait pas que le grincheux Johnson se rende
en Russie avant sa propre visite, prévue cette semaine, au cas où les porpos du diplomate britannique auraient fait obstacle à l'ordre du jour.
En attendant, le «partenaire» britannique a été chargé de réunir un consensus parmi les membres du G7 cette semaine en Italie pour demander un durcissement des sanctions économiques contre la Russie.
Cet
ordre du jour consiste à faire pression sur Vladimir Poutine en
l'accusant de complicité présumée lors de l'incident avec les armes
chimiques survenu en Syrie la semaine précédente. Selon le Sunday Times, Rex Tillerson doit présenter un dossier à Moscou prouvant la culpabilité de la Russie dans la mort de civils.
Il n'est pas clair avec quelles «preuves»
– s’il y en a – les Américains et les Britanniques vont motiver leurs
revendications contre la Russie. Ce dossier inclurait des données
montrant la présence d'un drone russe dans la zone où les avions de
guerre syriens auraient largué leurs armes chimiques.
Les autorités syriennes ont catégoriquement nié l'utilisation d'armes chimiques la semaine dernière, ou à tout autre moment
Ce n'est pas une procédure régulière ni une preuve acceptable pour une cour de justice.
Dans tous les cas, voici les faits
: le gouvernement syrien a démantelé son arsenal d'armes chimiques dans
le cadre de l'accord de 2013 négocié par la Russie, confirmé par
l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC).
Logiquement, les autorités syriennes ont catégoriquement nié l'utilisation de ces armes la semaine dernière,
ou à tout autre moment. Le vice-ministre syrien des Affaires
étrangères, Faisal Mekdad, a déclaré que son gouvernement avait
récemment fourni des informations révélant que des militants
anti-gouvernementaux transportaient secrètement des matières toxiques.
Il
s’est avéré que ces mêmes militants ont utilisé des armes chimiques à
plusieurs reprises à Alep, ainsi que dans le fameux incident près de
Damas, en août 2013, lorsque des centaines de civils ont été assassinés.
Comme dans le cas de l’attaque de la semaine dernière, les médias
occidentaux ont donné libre cours aux fausses affirmations selon
lesquelles les forces gouvernementales syriennes en étaient responsables.
En
outre, les revendications et les séquences vidéo présumées montrant des
civils mourir d'une exposition au gaz toxique à Khan Cheikhoun
proviennent uniquement du côté des militants, y compris des douteux
Casques blancs. Les ordres de frappes meurtrières de Donald Trump,
pleinement soutenus par le Royaume-Uni, la France et l'Allemagne, parmi
d'autres alliés de l'OTAN, ont été fondés sur cette source sordide.
Si
la Russie est complice de crimes de guerre en Syrie, comme l’Occident
l’affirme, comment Washington et Londres peuvent-ils proposer de
«travailler ensemble pour établir la paix en Syrie» ?
Le
principal conseiller à la sécurité nationale du président Trump,
Herbert Raymond McMaster, a formulé l'ordre du jour lorsqu'il a évoqué
aux médias américains
à la fin de la semaine dernière, «l'excellente opportunité» de la
Russie. Il a souligné que la Russie avait une «excellente occasion de
réévaluer son soutien à un régime meurtrier [la Syrie]».
Il est
évident que Washington et Londres redoublent d'efforts pour appeler au
changement de régime en Syrie et tentent de resserrer l'étau autour
de Moscou et Damas sur ces stupides accusations de crimes de guerre.
Mais
c’est là où l’absurdité se manifeste. Si la Russie et Vladimir Poutine
sont coupables de complicité dans les crimes de guerre en Syrie, comme
l’Occident l’affirme, alors comment Washington et Londres peuvent-ils
proposer de «travailler ensemble pour établir la paix en Syrie»
? Si les allégations de l’Occident sur la culpabilité des Russes
avaient un fondement ou une preuve, alors comment serait-il légalement
et moralement légitime de négliger soudainement ces «crimes graves»,
grâce auxquels Poutine conforme à leurs revendications de changement de
régime ? Cette logique est aussi fallacieuse qu’efficace.
La
position de la Russie a une base solide qui consiste d’une analyse
géopolitique et juridique objective. Les six années de guerre en Syrie,
du début à la fin, constituent une opération criminelle de changement de régime menée par l’Occident, qui implique ses alliés terroristes dans le renversement d'un gouvernement souverain.
La
décision passionnée de Trump d'effectuer des frappes aériennes sape
l’effort international visant à vaincre les groupes terroristes en Syrie
et ailleurs
Le ministre russe des Affaires
étrangères, Sergueï Lavrov, a réclamé à juste titre une enquête
impartiale sur l’incident impliquant des armes chimiques qui a eu lieu
la semaine dernière. La décision passionnée de Trump d'effectuer des frappes aériennes
était non seulement illégale et dénuée de toute justification, mais
elle sape également l’effort international visant à vaincre les groupes
terroristes en Syrie et ailleurs.
Le processus de paix en Syrie,
dont le déclenchement a été largement soutenu par la Russie à Astana
plus tôt cette année, a été sévèrement perturbé par le bombardement
américain. Clairement, Daesh, le Front al-Nosra, Ahrar al-Cham et
d’autres groupes terroristes ont salué les frappes aériennes des
Etats-Unis.
Les Américains et leurs substituts britanniques
doivent être fous s’ils estiment que Moscou sera intimidée par leurs
déclarations infondées et auto-condamnantes sur les crimes de guerre.
Tout
cet épouvantable désordre en Syrie est entièrement causé par la
collaboration de Washington et Londres avec des terroristes dans une
entreprise criminelle d’agression au cours des six dernières années.
Leurs
tentatives sordides d’altérer la réalité sont évidentes. Ce duo
américano-britannique comique de shérifs moralisateurs qui défendent le
droit international est plus qu’absurde. C’est indécent. Du même auteur : Trump s’enlise dans le marais moyen-oriental à cause de la Turquie et des Kurdes de Syrie
Les opinions, assertions et
points de vue exprimés dans cette section sont le fait de leur auteur et
ne peuvent en aucun cas être imputés à RT.
Le grand salon international du
high-tech, le CES 2017, s’est tenu à Las Vegas la semaine dernière, du
05 au 08 janvier. Pour cette édition, la technologie française s’est
beaucoup plus imposée et marque désormais une place notoire dans la
compétition internationale des inventions technologiques. Bien que le
CES a été clôturé, l’ARMA, la navette autonome du français Navya s’est
vue arpenter les rues du centre-ville historique de Las Vegas depuis ce
11 janvier.
keolisnorthamerica.com
Après 10 années de recherche, c’est en
octobre 2015 que Navya a lancé le projet de commercialisation de l’ARMA,
une navette qui est 100 % autonome, sans conducteur et électrique,
pouvant transporter jusqu’à 15 personnes. Dotée de nombreux capteurs et
d’une capacité de calcul embarqué lui permettant d’interagir avec son
environnement, la navette acquiert une perception 3D qui lui permet de
cartographier le milieu et de détecter les obstacles. En révolutionnant
la mobilité sur les premiers et derniers kilomètres, le véhicule a été
conçu pour assurer ses fonctions spécifiques autonomes tout en
optimisant toutes les fonctions de navigation et de sécurité. Si sa
vitesse est limitée à 25 km/h, elle peut toutefois atteindre les
45 km/h.
Mais comment la Navya ARMA peut-elle
encore rouler en dehors du CES, et même en pleine ville ? En vérité,
elle fait l’objet d’un test en condition réelle. Néanmoins, il s’agit
d’une démonstration programmée pour 10 jours et sur un parcours limité,
dans l’« Innovation district », en plein centre de Las Vegas. Cette zone
est en effet dédiée aux différents tests et essais sur les nouvelles
technologies du genre, une sorte de grand laboratoire à ciel ouvert. En
partenariat avec le transport français Keolis, l’ARMA transportera donc
gratuitement ses passagers le long de Fremont Street, entre Las Vegas
Boulevard et Eighth Street, du 11 au 20 janvier. Elle sera alors la
toute première navette autonome que le grand public américain va tester.
À noter qu’en décembre 2016, elle a déjà été mise en service dans les
rues de MCity, la prestigieuse ville-test gérée par l’Université du
Michigan. La Navya ARMA a été la seule navette européenne sélectionnée
pour ce test en environnement sécurisé.
Cheval de Troie, spyware,
rootkit, backdoor… Voilà ce qui rôde sur le Net et qui peut se loger
dans les e-mails et les clés USB. C’est une menace pour nos ordinateurs,
serveurs, tablettes et smartphones. Ce n’est pas par hasard si un virus
arrive sur une machine, et en informatique, il y a aussi les
comportements à risque qui sont source d’infection. Voici quelques
astuces et conseils pour mieux se parer contre les virus.
1. Les e-mails indésirables ou spontanés
Il y a des jours où on reçoit un e-mail
automatique d’une liste de diffusion à laquelle on n’est même pas
abonné. Il ne faut jamais répondre à ces types de mail, mais surtout, il
ne faut pas non plus se désabonner. On ne fera qu’indiquer au spammer
qu’on a bel et bien reçu et lu son e-mail, et on risque alors de
recevoir bien plus de spams.
Après avoir rencontré Sergueï
Lavrov, Rex Tillerson a été accueilli par le président russe Vladimir
Poutine. Cette rencontre, dont l'éventualité avait été largement
discutée dans les médias, est enfin confirmée.
Le chef de la diplomatie
américain Rex Tillerson rencontre le chef d'Etat russe Vladimir Poutine
dans l'après-midi du 12 avril, en compagnie du ministre des Affaires
étrangères russe Sergueï Lavrov, a annoncé le porte-parole du Kremlin,
Dmitri Peskov.
Le haut responsable américain est arrivé à Moscou dans l’après-midi du 11 avril. Tôt dans la matinée du 12 avril, il a rencontré son homologue, Sergueï Lavrov.
A
la veille de la visite du diplomate américaine, les médias occidentaux
spéculaient sur la possibilité d'une rencontre avec le président russe.
Cette rencontre n’a été confirmée qu’au dernier moment.
Quelques
heures avant la rencontre, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a
affirmé aux journalistes que Vladimir Poutine pourrait recevoir Sergueï
Lavrov et Rex Tillerson au cas où ces derniers jugeraient nécessaires de
lui faire part des résultats de leurs négociations.
«Il est
probable qu'il le fasse. Vous savez sans doute que les négociations
entre Lavrov et Tillerson vont bon train. S'ils jugent nécessaires de
rendre compte au président russe de leurs résultats, vous en serez
informés comme il se doit», a affirmé le porte-parole. Lire aussi : Tillerson à Moscou : la rencontre commence dans une «incertitude complète»
Le Borussia Dortmund devait recevoir l'AS Monaco
mardi soir pour les quarts de finale de la Ligue des Champions de
football. Un match reporté à ce mercredi après que trois explosions ont
visé le bus de l'équipe allemande. Le défenseur espagnol Marc Bartra,
touché par des éclats de verre au poignet droit, a été opéré dans la
soirée. C'est désormais le temps de l'enquête, et les enquêteurs ont
deux pistes même si la piste islamiste est privilégiée en raison d'un
document trouvé sur les lieux des explosions.
avec notre correspondant à Berlin,Pascal Thibaut
Même
si les enquêteurs restent très prudents -ils ne veulent pas exclure
qu’il puisse s’agir d’un faux voulant éventuellement les induire en
erreur-, le Parquet fédéral compétent pour les actes terroristes s’est
saisi de l’affaire. Un document faisant référence à Allah selon des médias
Et
c'est la piste islamiste qui est privilégiée car dans un document qui a
été retrouvé près du lieu de l’attentat on pouvait lire, d’après
plusieurs medias allemands : « Au nom d’Allah, le clément, le
miséricordieux ». Ce document faisait référence à l’attentat contre le
marché de Noël à Berlin en décembre et critiquait aussi la participation
de l’Allemagne avec des vols d’observation de la coalition contre
l’organisation Etat islamique. Enfin le document annonce que désormais,
des personnalités comme des sportifs, des acteurs, etc., seraient
visées, jusqu’à ce que cette participation allemande à la coalition
cesse. Une autre piste d'extrême-gauche ?
Deuxième
revendication entre-temps sur Internet hier soir, celle d’un groupe
d’extrême-gauche antifasciste. Une deuxième piste qui brouille encore un
peu plus l’enquête et qui également fournit de nombreuses questions.
On en saura peut-être un peu plus à 14 heures, lors d’une conférence de presse du parquet fédéral.
Selon un rapport déclassifié de
la CIA datant de 1986, les Etats-Unis considéraient à la fin des années
1980 qu'une guerre civile en Syrie pouvait servir les intérêts
américains, en provoquant la chute du père de Bachar, Hafez el-Assad.
WikiLeaks a publié sur son
compte Twitter le 10 avril une note de l'Agence centrale de
renseignement américaine (CIA), exhumée parmi les 13 millions de pages de document déclassifiés par la CIA en janvier dernier. La lecture de ce rapport montre
que la CIA avait élaboré en 1986 des «scénarios pouvant conduire à
l'éviction du président Hafez el-Assad [le père de Bachar] en Syrie».
Vingt-cinq
ans avant le début du conflit syrien en 2011, les auteurs du
document voyaient dans le déclenchement d'une guerre confessionnelle
entre la communautés sunnite et la minorité alaouite (à laquelle
appartenait le nationaliste Hafez el-Assad) une potentielle opportunité
pour les intérêts américains.
A l'époque, la CIA estimait
que «les craintes de représailles et les problèmes d'organisation
[rendaient] improbable un [...] soulèvement sunnite». Néanmoins, le
rapport de l'Agence évaluait également qu'«une réaction excessive du
gouvernement [syrien] face à des foyers mineurs de rébellion sunnite
pourrait déclencher des troubles majeurs [dans le pays]».
«Dans la
plupart des cas, le régime [syrien] aurait les ressources nécessaires
pour écraser un mouvement d'opposition sunnite, mais nous pensons que la
généralisation de la violence au sein de la population pourrait
encourager un grand nombre d'officiers et de conscrits sunnites à
déserter ou à se mutiner, ouvrant la voie à une guerre civile»,
indiquait encore la CIA.
Or, le rapport de l'Agence américaine
suggérait que la création d'un régime sunnite modéré était dans
l’intérêt de Washington, notant par ailleurs qu'«un tel régime serait
moins enclin à des tensions avec Israël».
Dans le même temps,
l'agence américaine de renseignement prévenait qu'une guerre civile en
Syrie, la prolongation du chaos dans le pays et «un gouvernement faible à
Damas pouvaient accentuer l'attractivité de la Syrie comme base pour le
terrorisme».
2017 : les Etats-Unis espèrent le départ de Bachar el-Assad et bombardent une base syrienne
En
2017, la Maison Blanche espère toujours un départ du président Assad,
Bachar et non plus Hafez, en dépit des déclarations contraires de Donald
Trump faites durant la campagne présidentielle américaine. «Notre
espoir est que Bachar el-Assad ne fasse pas partie de l'avenir de la
Syrie», a déclaré le secrétaire d'Etat américain, Rex Tillerson, le 11 avril, avant de se rendre à Moscou.
Le
7 avril, les Etats-Unis ont bombardé une base aérienne syrienne, en
représailles à une attaque chimique présumée, que Washington attribue
sans preuves à l'armée syrienne. Lire aussi : Troupes américaines sur le sol syrien : la partition du pays est-elle l'objectif de Washington ?
Le groupe Etat islamique (EI) a
perdu la grande majorité des territoires qu'il avait conquis en 2014 en
Irak et ne contrôle plus que 7% du pays, a affirmé l'armée irakienne,
qui poursuit ses offensives pour défaire l'organisation djihadiste.
A Mossoul, son dernier grand
bastion dans le pays, Daesh défend actuellement les derniers secteurs
toujours sous son contrôle dans l'ouest de la ville. Les forces
irakiennes tentent de le chasser avec le soutien de la coalition
internationale menée par les Etats-Unis.
L'EI «contrôlait 40% du
territoire irakien en 2014 [...] au 31 mars 2017, il n'en contrôlait
plus que 6,8%», a déclaré à des journalistes le général Yahya Rassoul,
porte-parole du Commandement conjoint des opérations, structure
coordonnant la lutte antidjihadiste, lors d'une conférence de presse à
Bagdad.
Les
djihadistes avaient lancé en juin 2014 une offensive fulgurante au
cours de laquelle ils avaient conquis en quelques mois une bonne partie
du nord de et de l'ouest de l'Irak, dont Mossoul, la deuxième ville du
pays.
Ces deux dernières années, l'EI a notamment perdu au profit
des forces irakiennes les grandes villes de Fallouja et Ramadi, à
l'ouest de Bagdad. Aujourd'hui, la bataille se concentre sur la ville
septentrionale de Mossoul, théâtre depuis octobre 2016 d'une vaste
offensive des troupes gouvernementales.
Après
avoir reconquis fin janvier la partie orientale de la ville, les forces
gouvernementales bataillent à présent dans l'ouest de Mossoul, les
combats se concentrant sur la Vieille ville, dédale de rues densément
peuplées. Lire aussi : Daesh aurait exécuté 140 civils qui tentaient de fuir Mossoul, selon les autorités kurdes irakiennes
200
000 personnes ont déjà fui Mossoul-Ouest. L'armée américaine estime que
les djihadistes, au nombre de 2000 au début des opérations, ont vu
leurs effectifs diminuer de moitié.
Une reconquête totale de Mossoul, de facto
capitale irakienne du «califat» proclamé en 2014 par Daesh, mettrait
fin au rêve de l'organisation de créer un Etat islamique à cheval sur
l'Irak et la Syrie.
La coalition menée par les Etats-Unis a promis que l'Irak ne serait pas abandonné à son sort après la reconquête de Mossoul.
«Une
fois cette tâche accomplie, la coalition restera pour soutenir nos
partenaires irakiens pendant qu'ils éliminent l'EI de chaque coin
d'Irak», a ainsi assuré le colonel John Dorrian, le porte-parole de la
coalition qui s'exprimait lors de la même conférence de presse à Bagdad.
«Même
si le combat est très difficile [...] l'ennemi est complètement
encerclé. Ils n'iront nulle part. Ils seront vaincus et le peuple de
Mossoul sera libéré», a-t-il affirmé.
Néanmmoins, l'EI contrôle
encore les grandes localités de Hawijah (au sud de Mossoul) et Tal Afar
(à l'ouest de Mossoul), ainsi que des secteurs le long de la frontière
avec la Syrie dans l'ouest de l'Irak.
Dans la Syrie voisine, le groupe djihadiste contrôle toujours l'autoproclamée «capitale» de l'EI, Raqqa, et d'autres régions. Lire aussi : Reportage de RT à Mossoul : exode des civils et ville en ruines, le lourd tribut de la libération
Trois combattants armés ont été
tués par les forces spéciales russes lors d'un échange de tirs avec la
police au Daguestan, république russe du Caucase, a annoncé le 12 avril
le Comité national antiterroriste (NAK).
Des
policiers et membres des forces spéciales russes ont tenté de contrôler
une voiture le soir du 11 avril près de la localité de Tioubé, dans le
centre du Daguestan, lorsque les passagers ont ouvert le feu et tenté de
prendre la fuite, selon le NAK. Les forces de l'ordre ont alors
répliqué.
«La voiture a pris feu à cause des tirs et les trois passagers ont succombé à leurs blessures», indique-t-il.
Incidents
armés et attaques visant les autorités et les forces de l'ordre sont
fréquents au Daguestan, petite république voisine de la Tchétchénie.
Début
avril, dans la région voisine d'Astrakhan, deux policiers avaient été
tués dans une attaque revendiquée par le groupe Etat islamique, et deux
autres dans la république voisine d'Ingouchie.
Après
la première guerre de Tchétchénie (1994-1996), la rébellion s'est
progressivement islamisée et a dépassé les frontières de cette
république pour se transformer au milieu des années 2000 en un mouvement
islamiste armé actif dans tout le Caucase du Nord. Fin juin 2015, la
rébellion armée islamiste dans le Caucase russe a prêté allégeance à
l'organisation Etat islamique (EI). Lire aussi : Russie : le chef de la branche russe de Daesh tué dans une opération spéciale du FSB
Depuis les manifestations du 26 mars 2017 contre
la corruption, à l'appel d’Alexeï Navalny, les autorités russes
durcissent le ton et essaient de reprendre le contrôle de l'opinion
publique. Il s'agit, notamment, de mieux contrôler la jeunesse.
Avec notre correspondante à Moscou, Muriel Pomponne.
Un
nouveau projet de loi a été déposé, ce lundi 10 avril 2017, à la Douma,
qui vise à interdire l'accès aux réseaux sociaux pour les moins de 14
ans, car c'est sur les réseaux sociaux, et évidemment pas sur les
télévisions, que les jeunes ont pris connaissance des accusations de
corruption lancées par l'opposant Alexeï Navalny contre
le Premier ministre Dmitri Medvedev. Et c'est par les réseaux sociaux
que les jeunes se sont organisé pour manifester mais aussi pour relayer
des informations, tournant notamment en dérision la ligne politique
officielle. Interdit de filmer les procès
Autre
mesure visant à limiter les possibilités de s'exprimer pour les
opposants : désormais, il est interdit de filmer les procès sans
l'accord des juges, alors qu’Alexeï Navalny a bien souvent utilisé le
tribunal comme une tribune. Et puis, les rencontres publiques entre les
citoyens et les députés sont dorénavant interdites dans la rue.
Mais, comme l'explique le politologue Andreï Kolesnikov,
les mesures répressives sont déjà tellement étendues qu'il est
difficile d'en mettre en place de nouvelles. Alors, depuis quelques
jours, le pouvoir utilise l'émotion suscitée par les attentats de
Saint-Pétersbourg pour ressouder l'opinion autour du thème de la lutte
contre le terrorisme. Mais Kolesnikov estime que ce thème ne sera pas
mobilisateur à long terme alors qu'on entre en période électorale, car
le premier souci des Russes, c'est leur pouvoir d'achat qui s'effondre.
Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi a
décrété dimanche soir l’état d’urgence après deux attentats kamikaze
contre des églises coptes qui ont fait au moins 44 morts à Alexandrie et
à Tanta dans le delta. Les attentats ont été revendiqués par le groupe
armé Etat islamique. Pour prendre effet, l’état d’urgence doit être
approuvé par le Parlement où le président jouit d’une écrasante
majorité.
Avec notre correspondant au Caire, Alexandre Buccianti
L’état
d’urgence donne de grands pouvoirs aux forces de sécurité en matière
d’enquête, d’arrestation et de détention : ces dernières n’auront plus
besoin que d’un ordre administratif. Un décret qui reflète la gravité de
la situation puisqu’il n’était, jusqu’à présent, appliqué qu’à la province du Nord-Sinaï où se déroule un conflit sanglant entre les forces de sécurité et le groupe Etat islamique.
Le
président a, par ailleurs, décrété que l’armée épaulera la police dans
la sécurisation des infrastructures vitales dont les églises font
partie. Un aveu implicite de l’échec de la police en la matière. Au
moins 83 personnes ont été tuées dans une série d’attentats
antichrétiens depuis le mois de décembre. Inquiétude pour les droits de l’homme
Le
décret instaurant l’état d’urgence a été bien accueilli par une bonne
partie de la population, qui espère que l’état d’urgence rendra plus
efficace la lutte contre le terrorisme. La législation d’exception a,
par contre, été reçue avec beaucoup d’inquiétude par les défenseurs des
droits de l’homme.
Ils craignent que les droits de l’homme soient
la victime collatérale de la lutte contre le terrorisme. Ils en veulent
pour preuve les condamnations successives à des peines de prison des
adversaires d’une lecture radicale de l’islam, alors que les cheikhs
salafistes qualifiant les chrétiens de « croisés mécréants » ne sont
absolument pas inquiétés.
► Les chrétiens d'Egypte fauchés par deux attentats du groupe EI
L'église copte de Tanta, le 9 avril 2017.REUTERS/Mohamed Abd El Ghany
Le président iranien Hassan
Rohani a contacté son homologue russe Vladimir Poutine après l'attaque
américaine en Syrie. Moscou et Téhéran condamnent une «action agressive
qui viole le droit international» contre un «Etat souverain».
Le Kremlin a annoncé
que le président iranien Hassan Rohani avait joint le président russe
Vladimir Poutine par téléphone ce 9 avril, afin de discuter des
conséquences de l'action militaire américaine du 7 avril. Les deux hommes l'ont qualifiée d'«inadmissible», rappelant en outre qu'elle violait le droit international.
Les présidents iranien et russe
ont par ailleurs renouvelé leur appel à la tenue d'une «enquête
objective» au sujet de l'attaque chimique présumée qui a touché la ville
de Khan Sheikhoun, dans la province occidentale d'Idleb, le 4 avril
dernier. Elle devrait permettre d'établir les responsabilités, alors
qu'une grande partie des chancelleries occidentales accuse déjà sans
preuves le gouvernement syrien. Les deux présidents ont aussi réaffirmé
leur détermination à «approfondir leur coopération dans la lutte contre
le terrorisme».
Plus tôt dans la journée, selon l'agence Reuters
citant un communiqué du centre de commandement des forces russes,
iraniennes et des milices soutenant le gouvernement syrien, celles-ci
«répondront par la force» si la «ligne rouge» était une nouvelle fois
franchie en Syrie. Cette déclaration fait référence au bombardement par
l'armée américaine de la base aérienne de l'armée syrienne
d'Al-Chaayrate, le 7 avril dernier.
«L'opération conduite par les
Etats-Unis est une agression contre la Syrie : une ligne rouge est
franchie», peut-on lire dans ce communiqué publié le 9
avril. «Désormais, toute agression, quel qu'en soit l'auteur, fera
l'objet d'une réponse par la force – et les Etats-Unis connaissent les
moyens dont nous disposons pour cela», précise le communiqué. La Défense
russe n'a pour le moment pas confirmé ces déclarations.
Très tôt
le matin du 7 avril, les Etats-Unis ont lancé 59 missiles Tomahawk sur
la base de l’armée syrienne d'Al-Chaayrate, en représailles à l'attaque
chimique présumée du 4 avril dans la province d’Idleb, dont Washington
tient le gouvernement syrien pour responsable sans fournir de preuves. La Russie a qualifié les bombardements d'«acte d’agression usant d'un prétexte artificiel contre un pays souverain et membre de l'ONU». Lire aussi : Trump envisagerait des sanctions contre la Russie et l'Iran pour leur soutien à la Syrie
Depuis le début de la campagne,
Emmanuel Macron est allé dénicher des soutiens dans les autres partis
politiques. Mais pour l'ancien député du Modem et désormais candidat à
l'élection présidentielle Jean Lassalle, il va également y piocher des
idées.
Interrogé le 10 avril sur
France 2 sur la volonté d'Emmanuel Macron d'organiser des états généraux
de la ruralité, le sang de Jean Lassalle n'a fait qu'un tour : «Une
fois de plus, il me pique l'idée.»
Le députée des Pyrénées
Atlantiques se lance alors dans un démonstration du vol idéologique dont
il se dit victime : «Emmanuel Macron n'arrête pas de me piquer toutes
mes idées, par exemple, c'est moi qui ai marché et c'est lui qui dit :
"En Marche !"», fait-il d'abord remarquer, un brin facétieux.
En
2013, Jean Lassalle avait en effet parcouru la France à pied, à raison
de 30 à 40 kilomètres par jour, pour prendre le pouls du pays et
recueillir dans son «cahier de l'espoir» les demandes des Français.
Mais
les récriminations de l'ancien berger à l'égard de l'ancien banquier
d'affaires ne s'arrêtent pas là : «Il parle maintenant de l'intelligence
de la main, c'est moi qui l'ai inventé quand même !» renchérit-il,
visiblement contrit.
Et de conclure dans la même veine : «Et
maintenant, il dit très exactement ce que je dis : il faut commencer
d'entrée par réunir l'ensemble des partenaires pour se mettre d'accord
sur un certain nombre d'éléments.» Lire aussi : Jean Lassalle : «Je tiendrai tête à Trump et Poutine car j'ai eu affaire aux ours et aux loups»
Le bombardement des forces
gouvernementales syriennes par les Etats-Unis crée une situation
dangereuse, souligne Bruno Gollnisch. Pour le député européen, il y a un
parallèle historique avec la situation prévalant avant la Première
Guerre mondiale.
RT France : L’armée américaine vient d’effectuer des frappes contre la Syrie. Pour vous, quel est le but de cette intervention ? Bruno Gollnisch (B. G.) : Je m’interroge. Mais je suis quand-même très étonné, parce que cela va à l'encontre des engagements que Donald Trump avait pris pendant sa campagne. Cette intervention se fait sans mandat des Nations unies, elle fait des victimes innocentes et surtout, sans que l’on ait les précisions nécessaires sur les responsables de l'utilisation des gaz toxiques.
On commémore le centenaire de la Première Guerre mondiale mais il ne faut pas oublier comment elle a commencé
RT France : Une attaque pareilleest-elle appropriée, vu qu’il n’y a pas eu de résolution du Conseil de sécurité de l'ONU ni d’enquête sur l’usage présumée des armes chimiquespar les forces gouvernementales en Syrie ? B. G. :
C’est précisément cela qui me choque. Il faudrait au moins une enquête
sérieuse, parce que je ne vois pas du tout quel aurait été l’intérêt du président Bachar el-Assad de déclencher ce genre d’attaque.
RT France : Pensez-vous que c’est la fin de la coopération entre la Russie et les pays occidentauxen Syrie ? B. G. :
Je ne sais pas trop, mais je vois qu’un certain nombre de gouvernements
occidentaux s’alignent complètement sur la politique américaine. Je
trouve que c’est une situation extrêmement dangereuse.
On commémore le centenaire de la Première Guerre mondiale mais il ne
faut pas oublier comment elle a commencé. La Russie a soutenu la Serbie,
quand il y eu un attentat contre l’archiduc autrichien, puis l’Autriche
et l’Allemagne sont entrées en guerre pour «punir» la Serbie. C'est
comme cela que la guerre a éclaté. RT France : Les risque de dérapages existent-ils ? B. G. :
Oui, c’est déjà un dérapage. Parce que le bombardement des forces
armées gouvernementales d’un Etat, hors de toute procédure
internationale et sans enquête, cela me paraît être une réaction
extrêmement rapide, brutale et susceptible de comporter du danger. Lire aussi : Derrière les frappes américaines en Syrie, les dessous du revirement de Donald Trump
Les opinions, assertions et
points de vue exprimés dans cette section sont le fait de leur auteur et
ne peuvent en aucun cas être imputés à RT.
J-14 avant le premier tour de la présidentielle en
France. Ce dimanche 9 avril, deux candidats mobilisent leurs troupes. A
Marseille, Jean-Luc Mélenchon tient un meeting sur la Canebière. De son
côté, François Fillon réunit les siens Porte de Versailles à Paris. Le
candidat de la droite compte même organiser une vraie démonstration de
force.
Cela commencera dès la
fin de matinée dans un parc du XVe arrondissement de la capitale. Sous
le soleil, les 577 candidats Les Républicains (LR) et UDI aux
législatives seront autour de François Fillon pour une photo très
symbolique. Une mise en scène pour bien montrer que lui aurait une
majorité nette à l'Assemblée s'il l'emporte. Un message adressé à Emmanuel Macron et à Marine Le Pen.
Deuxième
étape de cette mobilisation : l'après-midi dans une immense salle de la
Porte de Versailles. Près de 20 000 personnes sont annoncées. Sur la
scène, tous les poids lourds de la droite dont certains feraient une
belle équipe gouvernementale comme François Baroin ou encore Valérie
Pécresse. Electrochoc ?
Autre signal envoyé aux électeurs de droite qui auraient été déçus par les affaires : Nicolas Sarkozy et Alain Juppé ont cette semaine apporté leur soutien clair et net à François Fillon.
L'entourage du candidat espère que le grand rendez-vous de ce dimanche fera l'effet d'un électrochoc et ramènera les voix des indécis, alors que Jean-Luc Mélenchon l'a rattrapé dans les sondages.
Le frère de Tariq Ramadan a été
interpellé lors d’une conférence à Colmar et expulsé dans la foulée. Il
faisait l’objet d’une interdiction administrative du territoire en
raison de propos «faisant peser une menace grave sur l'ordre public».
L'islamologue suisse
controversé Hani Ramadan, «connu pour avoir dans le passé adopté un
comportement et tenu des propos faisant peser une menace grave sur
l'ordre public sur le sol français», a été expulsé au soir du 8 avril
vers la Suisse, a annoncé le ministère de l'Intérieur.
Frère du
non moins polémique Tariq Ramadan et petit-fils du fondateur des Frères
musulmans égyptiens, Hani Ramadan a été interpellé le 8 avril à Colmar à
l'occasion d'une conférence à laquelle il participait. «Il a été
raccompagné sous escorte de police à la frontière franco-suisse»,
affirme le ministère dans un communiqué, précisant qu'il faisait l'objet
d'un interdiction administrative du territoire depuis le 7 avril.
«Le
ministère de l'Intérieur et les forces de l'ordre sont pleinement
mobilisés et continueront de lutter sans relâche contre l'extrémisme et
la radicalisation», déclare le ministre de l'Intérieur Matthias Fekl,
cité dans le communiqué.
Ces
derniers mois, plusieurs conférences d'Hani Ramadan ont été annulées en
France, comme à Roubaix fin janvier ou à Nîmes en septembre. En
février, la direction d'un établissement scolaire musulman de la région
lyonnaise, le groupe scolaire Al-Kindi de Décines, avait à son tour
annulé une conférence de l'intellectuel suisse.
En septembre 2002, Hani Ramadan avait fait scandale en défendant dans une tribune publiée dans le quotidien Le Monde
l'application de la charia et la lapidation des femmes adultères. Il
avait ensuite été licencié de son poste d'enseignant de français par le
gouvernement genevois pour propos «contraires aux valeurs démocratiques
et aux objectifs de l'école publique». Lire aussi : Roubaix : Bertrand demande l'interdiction d'une conférence de l'islamologue controversé Hani Ramadan
Alors qu'ils viennent de
bombarder une base aérienne syrienne en représailles à une attaque
chimique présumée, les Etats-Unis ont déployé un porte-avions et sa
flotte dans le Pacifique en raison de «la menace Nord-coréenne».
«Le commandement américain
dans le Pacifique a ordonné au groupe aéronaval déployé autour du
porte-avions USS Carl Vinson d'être à disposition et présent dans
l'ouest du Pacifique, et ce par mesure de précaution», a déclaré à l'AFP
le 8 avril le porte-parole du commandement américain dans le Pacifique,
le commandant Dave Benham.
Dave Benham n'a pas fait mystère des
raisons du déploiement de cette flotte, précisant que la menace numéro
un dans la région restait la Corée du Nord, en raison de son programme
de missiles «irresponsable, déstabilisateur et imprudent», et de «la
poursuite [de ses recherches] en vue de disposer d'armes nucléaires».
Le
porte-avions USS Carl Vinson est accompagné de son escadron aérien, de
deux destroyers lanceurs de missiles et d'un croiseur lanceur de
missiles. Alors qu'il devait initialement aller faire escale en
Australie, il a pris la route du Pacifique Ouest depuis Singapour.
Les Etats-Unis prêt à «régler» seul le problème nord-coréen
Les
6 et 7 mars, le président américain Donald Trump et son homologue
chinois Xi Jinping ont longuement discuté en Floride (Etats-Unis), à
Mar-a-Lago, dans la résidence privée du nouvel hôte de la Maison
Blanche, et Donald Trump aurait demandé à son visiteur de faire pression
sur Kim Jong-Un pour que celui-ci cesse son programme d'armement
nucléaire.
Le président américain a cependant
d'ores et déjà menacé le régime de Pyongyang d'une action unilatérale,
et cette menace paraît encore plus crédible depuis la frappe ordonnée le
6 mars sur une base aérienne syrienne en représailles à une attaque
chimique présumée.
«Si la Chine ne règle pas [le problème de] la
Corée du Nord, nous le ferons», avait affirmé Donald Trump le 3 avril,
précisant que Washington n'attendrait pas l'aide de Pékin. «La Chine
décidera de nous aider ou pas avec la Corée du Nord. [...] S'ils
n'aident pas, ce ne sera bon pour personne», avait-t-il ajouté.
Une
déclaration reprise par le secrétaire d'Etat américain Rex Tillerson,
qui a confirmé depuis Mar-a-Lago que les Etats-Unis étaient prêts à
«agir seuls» si nécessaire contre la Corée du Nord : «Nous [...] sommes
prêts à agir seuls si la Chine n'est pas capable de se coordonner avec
nous pour contrer les ambitions nucléaires de Pyongyang, qui violent le
droit international.»
Pyongyang : «renforcer notre dissuasion nucléaire a été le bon choix»
Selon
plusieurs analystes, les frappes américaines en Syrie constituaient en
fait aussi un message clair à destination de la Corée du Nord. «C'était
une façon de dire à Pyongyang qu'il y a en ville un nouveau shérif qui
n'hésitera pas à dégainer», a estimé Kim Yong-Hyun, professeur à
l'Université Dongguk en Corée du Sud. Le 8 avril, la Corée du Nord a
d'ailleurs qualifié cette attaque américaine sur une base aérienne
syrienne d'«acte d'agression intolérable».
«La réalité
d'aujourd'hui montre que nous devons exercer pouvoir contre pouvoir, et
cela prouve plus d'un million de fois que notre décision de renforcer
notre dissuasion nucléaire a été le bon choix», a ajouté un porte-parole
non identifié du ministère nord-coréen des Affaires étrangères, cité
par l'agence officielle KCNA.
La
Corée du Nord a réalisé cinq tests nucléaires, dont deux en 2016, et
les images satellites décortiquées par les experts de «38 North»
suggèrent que le régime de Pyongyang serait en train de préparer un
sixième essai.
Selon les services de renseignement américains, la
Corée du Nord pourrait être à même de disposer d'un missile à tête
nucléaire capable de frapper le sol américain d'ici moins de deux ans.
Une
véritable capacité de missiles stratégiques mer-sol (MSBS) ferait
monter d'un cran la menace nucléaire, car Pyongyang pourrait ainsi
porter sa dissuasion bien au-delà de la péninsule et disposerait d'une
capacité de «seconde frappe» en cas d'attaque. S'ils soulignent les
progrès nord-coréens, les experts estiment cependant que la Corée du
Nord est encore loin de maîtriser la technologie MSBS. Lire aussi : Test de missile raté pour la Corée du Nord
Après l'attentat qui a fait
quatre morts et 15 blessés en Suède, l'identité de l'individu interpellé
se précise. L'enquête doit maintenant déterminer s'il avait un complice
et si l'engin retrouvé dans le camion était une bombe.
En conférence de presse, les
enquêteurs ont donné davantage d'informations sur l'homme qu'ils ont
arrêté après l'attaque au camion qu'a connue Stockholm le 7 avril.
Il
s'agit d'un homme de nationalité ouzbek, âgé de 39 ans, qui travaillait
en Suède depuis un certain temps. Il a été décrit comme un «personnage
marginal», dont le nom était connu des services de sécurité, sans pour
autant que cet individu ait été l'objet d'une enquête récente.
«Nous ne pouvons pas, pour l'heure, exclure que d'autres personnes aient été impliquées», ont ajouté les enquêteurs.
Ceux-ci n'ont
pas été en mesure de confirmer que l'engin retrouvé sur le siège du
véhicule était une bombe, conformément aux affirmations de la chaîne de
télévision SVT. Ils ont toutefois reconnu qu'un «engin technique qui ne
devait pas être là» se trouvait sur le siège du véhicule.
L'attaque de Stockholm, qui a fait quatre morts et 15 blessés, a des «similarités claires» avec celle de Westminster, qui s'est produite à Londres, le 22 mars, ont encore fait savoir les enquêteurs.
Après le bombardement d’une base
militaire syrienne en représailles à une attaque chimique présumée,
pour laquelle les Etats-Unis accusent Damas sans fournir de preuves, la
Défense russe demande qu’une enquête sérieuse soit ouverte.
«22 heures ont passé depuis
que les navires de guerre de la marine américaine ont lancé une frappe
massive de missiles sur la base aérienne [de l’armée syrienne]
d'Al-Chaayrate et ni le Pentagone, ni le département d’Etat n’ont fourni
une quelconque preuve de la présence d’armes chimiques» sur ce site, a
fait savoir le porte-parole du ministère russe de la Défense Igor
Konachenkov, dans un communiqué le 8 avril.
Assurant que des
dizaines de représentants des médias, des autorités, des pompiers et de
la police s’étaient rendus sur cette base sans y trouver la moindre
trace d’armes chimiques, il a poursuivi : «La seule manière d’obtenir et
de présenter à l’ensemble de la communauté internationale une preuve
objective de la présence supposée de substances toxiques à Al-Chaayrate
est d’[y] envoyer une mission d’experts professionnels.»
Très
tôt le matin du 7 avril, les Etats-Unis ont lancé 59 missiles Tomahawk
sur la base de l’armée syrienne d'Al-Chaayrate, en représailles à
l'attaque chimique présumée du 4 avril dans la province d’Idleb, dont
Washington tient le gouvernement syrien pour responsable sans fournir de
preuves.
Pour justifier son action, le président américain Donald
Trump a assuré que la frappe menée par ses forces avait pris pour cible
la base d’où l’attaque chimique présumée avait été lancée. Lire aussi : La frappe américaine en Syrie a failli causer un «affrontement militaire» avec Moscou, dit Medvedev
Dans la nuit du 6 au 7 avril, l'organisation
séparatiste basque espagnole ETA a annoncé son « désarmement total ». Ce
8 avril, la justice française a mis la main sur des dizaines d'armes et
des centaines de kilos d'explosifs grâce à des listes de planques
fournies aux autorités. Créé en 1959, le groupe classé jusqu’en 2010
comme terroriste par l’Union européenne procédait à des actions
meurtrières il y a encore sept ans.
Même
si des questions demeurent, l’annonce d’ETA (Euskadi Ta Askatasuna,
« Pays Basque et Liberté ») de procéder à son désarmement total est un
pas majeur dans l’histoire de ce groupe né il y a 58 ans. Des résistants franquistes et indépendantistes basques
En
1959, ETA est loin de ce qu’il sera quelques années après. L’Espagne
est alors sous le joug des franquistes quand l’organisation voit le
jour. Elle est fondée par des dissidents du régime, militants de la
première heure de l’indépendance du Pays basque. ETA est alors très
populaire, non seulement parce qu’il combat activement et efficacement
le régime de Franco mais aussi parce qu’il réclame l’indépendance du
cette région du nord de l’Espagne. D’inspiration marxiste
révolutionnaire, ETA prône, entre autres, la lutte armée pour parvenir à
ses fins. Son emblème est un serpent (symbole de la sagesse) enroulé
autour d’une hache (pour l’utilisation de la force) et sa devise est
« Bietan jarrai » (« Continuer dans les deux voies »). Une longue liste de victimes
Mais
le mouvement indépendantiste perpètre de nombreuses actions violentes
et meurtrières. Du statut de guérilleros, les eterras deviennent de
véritables terroristes. Du 7 juin 1968 au 7 mars 2010, quelque 829
personnes trouvent la mort dans des attentats de l’ETA, la fin du
franquisme en 1975 ne mettant pas fin à la lutte armée, bien au
contraire.
Des centaines d’autres personnes sont mutilées, des
politiques, des notables, des intellectuels mais aussi des civils et des
Basques ; des cas de tortures sont aussi au triste palmarès de
l’organisation. 1980 est l’année la plus sanglante, 118 personnes sont
tuées. En plus de ces actions armées, le mouvement procède à de
multiples extorsions de fonds et vol à main armée. Parallèlement, en
1978 est crée Herri Batasuna, l’aile politique d’ETA. 2011, l’annonce de la fin de la lutte armée
Mais
les morts de civils et de Basques jugés par le groupe comme « traitres »
affaiblissent politiquement et socialement l’organisation au milieu des
années 1990 – de nombreux dirigeants indépendantistes sont arrêtés en
France et en Espagne. Des annonces de pourparlers et de trêves avec les
autorités espagnoles et françaises volent rapidement en éclats.
L’attentat
à l’aéroport de Madrid en décembre 2006 (une voiture piégée explose,
tuant deux Equatoriens) sera la goutte d’eau qui mettra fin au lien
entre l’aile militaire et l’aile politique d’ETA, d’autant qu’en mars de
cette année-là, le mouvement annonce un cessez-le-feu permanent à
partir du 24 et Zapatero informe le Parlement de sa volonté d'engager
des pourparlers de paix.
Il faut attendre début 2011 pour qu’ETA annonce un cessez-le-feu « permanent, général et vérifiable » puis, en octobre de la même année, « la fin définitive de son action armée ». « Les
détentions successives, dont celles de la quasi-totalité de la Zuba, sa
cellule dirigeante, le manque de résultats, la lassitude, l’éloignement
du pays et le refus de Madrid de concéder quoi que ce soit à des "assassins" ont contraint ETA à mettre fin à ses actions armées, en l’occurrence à ses attentats », analysait en 2016 sur RFI Jean Chalvidant,
spécialiste de l’Espagne et auteur de plusieurs ouvrages sur ETA. Pour
les spécialistes du groupe indépendantiste, ETA prend conscience que la
lutte armée ne « fonctionne » pas et qu’il faut passer par le politique
pour agir et être entendu. 2017, une nouvelle phase « historique »
En
annonçant en ce mois d’avril son désarmement total, ETA veut montrer sa
volonté de mettre fin à quarante ans de lutte armée. Ce 8 avril, six
ans après l’abandon de la lutte armée, ETA remet donc à la France une liste de huit caches d'armes, le Sud-Ouest de l’Hexagone ayant été historiquement une importante base arrière du groupe.
ETA
est-il aujourd’hui définitivement mort ? Tant que l’annonce officielle
de sa dissolution ne sera pas effectuée, le groupe indépendantiste
existera. Nul ne sait pour le moment quand cette ultime étape sera
franchie. Le mouvement indépendantiste basque ne regroupe plus
actuellement qu’une vingtaine de militants.
Leur objectif affiché,
condition préalable au désarmement auparavant, est celui du sort des
quelques 350 militants emprisonnés. ETA réclame leur libération, comme
de nombreux Basques qui manifestent chaque année, ou tout au moins le
rassemblement des etarras toujours incarcérés dans 45 prisons
différentes en France et en Espagne. Quel avenir ?
Après la remise de la liste des caches d’armes samedi 8 avril, le gouvernement conservateur espagnol a exigé d’ETA qu’il « demande pardon » et annonce sa « dissolution définitive ».
De son côté, Arnaldo Otegi, ex-dirigeant de Batasuna et aujourd'hui
dirigeant du parti Sortu, principale figure de la gauche indépendantiste
basque, a estimé que son « désarmement » est un « événement historique », qui sera suivi d'un débat interne « sur son avenir », tandis que les Basques chemineront selon lui vers un pays indépendant.
« Dans la petite secte des connaisseurs d’ETA, on est assez partagé, confie Jean Chalvidant à l’AFP. Pour
les uns, elle s'éteindra d'elle-même, sans annonce préalable; pour les
autres, dont je suis, elle le fera une fois que les prisonniers auront
tous été regroupés. Pourquoi pas dans l'année ? »
A l'ONU, le Conseil de sécurité s'est réuni en
urgence ce vendredi 7 avril à la demande des Boliviens et des Russes
pour discuter des frappes américaines. Les échanges ont été très vifs
entre les Etats-Unis et la Russie sur la question de la légalité de
cette intervention. Les Américains ont prévenu qu'ils étaient prêts à
aller plus loin.
« Les
Etats-Unis ont pris une décision très mesurée la nuit dernière. Nous
sommes prêts à en faire plus, mais nous espérons que cela ne sera pas
nécessaire. Il est temps pour toutes les nations civilisées de stopper
les horreurs en Syrie et d'exiger une solution politique. »
Loin
de calmer le jeu, les Américains par la voix de Nikki Haley leur
représentante à l'ONU ont donc envoyé une nouvelle mise en garde à
Bachar el-Assad et à son allié Russe, rapporte notre correspondante à
New York, Marie Bourreau. Les Etats-Unis n'accepteront
plus de nouvelles attaques chimiques en Syrie, cette fameuse ligne rouge
qui enclencherait une nouvelle opération militaire.
Une partie du débat hier s'est d'ailleurs porté sur la légalité de cette intervention américaine sans aval de l'ONU. Les Russes la jugent illégale et sont soutenus sur la question par leur partenaire bolivien. « Maintenant,
les Etats-Unis pensent qu'ils sont les enquêteurs, les avocats, les
juges et les bourreaux. Cela n'a rien à voir avec le droit
international. » Un véritable engagement américain en Syrie attendu
La
grande majorité des diplomates n'a pas voulu polémiquer sur la question
jugeant la réponse américaine légitime. Mais ils attendent maintenant
un vrai réengagement américain pour soutenir le processus politique en
Syrie.
Une sentiment partagé par les habitants de Khan Cheikhoun,
la ville gazée cette semaine lors de l'attaque chimique attribuée par
les puissances occidentales au régime de Damas. S'ils accueillent
favorablement les frappes américaines, ils attendent désormais beaucoup
plus. « Les frappes américaines contre le régime nous ont procuré un sentiment de joie, témoigne Zaina Aoussadji, militante l’opposition à Kahn Cheikhoun. On
se dit finalement il y a peut-être quelqu’un qui voit notre souffrance.
Ces frappes ont été une bonne surprise. Jusque-là, on nous a habitués
aux promesses mensongères, aux paroles en l’air qui ne sont jamais
suivies d’actes concrets. Ces frappes américaines ont
neutralisé 14 chasseurs bombardiers du régime. Plusieurs pistes de
décollage et la tour de contrôle de la base militaire Al-Chaayrate ont
été également détruites. Mais à la suite de ces frappes américaines, le
régime a bombardé la ville de Hich ici dans la province d’Idlib. Il ne
faut pas que cette attaque américaine contre le régime soit une simple
attaque symbolique. Si c’est juste ça, rien ne changera en Syrie. » Donald Trump envoie un message
La
réponse de l’administration américaine à l’attaque chimique de mardi
n’aura pas été longue à attendre. Pour Philip Golub, spécialiste des
Etats-Unis et de géostratégie, Donald Trump se démarque de Barack Obama en agissant de la sorte et adresse un double message.
« Il
cherche à montrer qu’il est à l’opposé de son prédécesseur quand il
s’agit d’utilisation de la force. Il essaie de montrer qu’il y aura une
politique musculaire militaire américaine à l’international (…) que les
Etats-Unis agiront unilatéralement quand il le faut, quand leurs
intérêts leur semblent bons. Le deuxième message est destiné à
l’électorat américain, car l’administration Trump est embourbée dans des
crises politiques multiples. C’est un message de fermeté et de
démonstration de la volonté de cette administration d’aller de l’avant
au niveau international. Le problème dans tout cela, c’est qu’il n’y a
pas de plan pour après », explique Philip Golub.
Les Etats-Unis ont donc bombardé pour la première fois des positions du régime de Bachar al-Assad
en Syrie dans la nuit de jeudi à vendredi, faisant pleuvoir 59 missiles
Tomahawk qui ont fait au moins six morts et "quasiment détruit" la
base aérienne d'Al-Chaayrate, dans le centre du pays. Des représailles
directes à l'attaque chimique de mardi à Khan Cheikhoun, qui s'était soldée par la mort d'au moins 86 civils dont 27 enfants.
Après
48 heures de discussions infructueuses à l'ONU, l'ambassadeur russe
avait menacé les Etats-Unis de "conséquences négatives" en cas
d'intervention militaire. Et la réaction de Moscou ne s'est pas fait
attendre, vendredi matin : cité par un porte-parole, le président
Vladimir Poutine a qualifié les frappes d'"agression contre un Etat
souverain en violation des normes du droit international" se fondant sur
des "prétextes inventés".
"Cette
action de Washington cause un préjudice considérable aux relations
russo-américaines, qui sont déjà dans un état lamentable."
(En bleu : soutient la frappe américaine. En rouge : dénonce la frappe américaine)
"Mais
surtout, comme l'estime Poutine, cette action ne nous rapproche pas de
l'objectif final de la lutte contre le terrorisme international mais
dresse au contraire de sérieux obstacles pour la constitution d'une
coalition internationale pour la lutte contre le terrorisme", ajoute son
porte-parole Dmitri Peskov. "L'armée syrienne ne dispose pas de
réserves d'armes chimiques", a-t-il encore affirmé.
Mémorandum suspendu
Vladimir Poutine
avait jugé jeudi "inacceptable" d'accuser sans preuve le régime de
Damas d'être responsable de l'attaque de Khan Cheikhoun. Selon lui, "les
frappes américaines en Syrie sont une tentative de détourner
l'attention de la communauté internationale loin des nombreuses victimes
civiles en Irak", causées par les raids de la coalition anti-Daech.
"Ignorer complètement les faits concernant l'usage par les terroristes
d'armes chimiques aggrave considérablement la situation."
La
Russie a annoncé dans la foulée la suspension du mémorandum avec
Washington, conclu fin 2015, qui visait à empêcher des incidents entre
avions des deux pays en Syrie. Le ministère des Affaires étrangères
russe a réclamé :
"Nous appelons le Conseil de Sécurité de l'ONU à tenir une réunion d'urgence pour discuter de la situation."
Les défenses antiaériennes syriennes seront "renforcées", a enfin annoncé l'armée russe.
Ces tirs ont été préparés "bien avant les événements d'aujourd'hui", a dénoncé son porte-parole, Igor Konachenkov.
"L'administration
des Etats-Unis a changé mais sa façon de faire la guerre reste
inchangée depuis le temps des bombardements en Yougoslavie, en Irak et
en Libye".
L'Iran condamne les frappes
Autre allié du
régime Assad, l'Iran a condamné "vigoureusement" les frappes. Un
porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, cité par
l'agence Fars, a déclaré que l'attaque ne fera qu'"aider les groupes
terroristes qui sont en déclin et compliquer encore la situation en
Syrie et dans la région".
Mercredi, l'Iran avait "condamné
vigoureusement toute utilisation d'armes chimiques quels que soient les
responsables et les victimes" mais avait également insisté sur la
nécessité de procéder au "désarmement chimique des groupes armés
terroristes" en Syrie.
Téhéran apporte un soutien financier et
militaire au régime du président Assad et accuse régulièrement des pays
occidentaux et arabes de favoriser les insurgés en Syrie.
Londres, Ankara et Israël applaudissent
La
France, à l'origine d'une initiative avortée d'intervention militaire
en 2013, déjà à la suite d'une attaque chimique, a réagi par le biais du
ministre des Affaires étrangères Jean-Marc Ayrault, qui a évoqué une
"clarification" et un "signal" envoyé à la Russie et à l'Iran.
Dans une déclaration commune, François Hollande et la chancelière
allemande Angela Merkel, qui ont indiqué avoir été informés des
intentions américaines, ont ensuite souligné que Bachar al-Assad portait
"l'entière responsabilité" des récents développements.
Puis, en solo, François Hollande est allé plus loin face à la presse :
"Cette
opération était une réponse. Elle doit être maintenant poursuivie au
niveau international dans le cadre des Nations Unies si c'est possible,
de façon à ce que nous puissions aller au bout des sanctions contre
Bachar al-Assad et empêcher qu'il y ait de nouveau utilisation des armes
chimiques et l'écrasement par ce régime de son propre peuple".
"Il
y a aujourd'hui à cause de ce drame, à cause de cette situation, une
possibilité aussi d'ouvrir des négociations et de permettre une
transition politique en Syrie", a poursuivi le chef de l'Etat. "Voilà
pourquoi la France avec ses partenaires, notamment européens [...] va
être à l'initiative pour que nous puissions relancer le processus de
transition politique en Syrie". Un Conseil de défense doit se réunir à 19h à l'Elysée.
Les autres alliés des Etats-Unis, le Royaume-Uni en tête, ont globalement salué l'initiative de l'administration Trump.
Le
gouvernement britannique "soutient pleinement l'action des Etats-Unis",
qui ont lancé des frappes aériennes contre le régime syrien, déclare
ainsi un porte-parole de Downing Street. Ces frappes sont "une réponse
appropriée à l'attaque barbare à l'arme chimique perpétrée par le régime
syrien", estime Londres, qui précise que le Royaume-Uni "est déterminé à
empêcher toute nouvelle attaque" du régime de Damas.
En Arabie
saoudite, principal allié des Etats-Unis au Moyen-Orient, un responsable
au ministère des Affaires étrangères a assuré que son pays "soutenait
complètement" la "courageuse" décision de Donald Trump,
tenant le régime syrien pour "responsable de ces opérations militaires"
à cause "de ses crimes odieux depuis des années contre le peuple
syrien".
Le vice-Premier ministre turc, Numan Kurtulmus, a indiqué à la télévision qu'Ankara considérait la frappe comme "une chose positive", ajoutant :
"Le régime d'Assad doit être puni entièrement sur le plan international."
Parmi
les premiers à réagir ce vendredi matin, le Premier ministre israélien
Benjamin Nétanyahou a fait savoir qu'il soutenait "totalement la
décision du président Trump", espérant "que ce message de détermination face aux agissements ignobles du régime de Bachar al-Assad sera entendu non seulement à Damas, mais aussi à Téhéran, Pyongyang et ailleurs".