vendredi 4 novembre 2016

Côte d'Ivoire: Référendum, les leçons d’un scrutin / Par (Philippe Di Nacera) / ONU : Ban Ki-moon salue l’adoption de la nouvelle constitution / Sansan Kambilé : « 42,42%, est un taux remarquable pour un référendum »


La Côte d’Ivoire est donc entrée, à 93, 42%, dans la troisième République, avec un taux de participation de 42, 42% du corps électoral. C’est un soulagement pour le pouvoir. Le score est au delà de celui espéré. Mais surtout le gouvernement peut se targuer, c’était l’enjeu réel du référendum, d’une participation correcte pour un scrutin difficilement compréhensible par la population et qui de façon générale mobilise peu.
Mais, à y regarder de plus prêt, tout n’est pas rose au pays de la nouvelle Constitution de Côte d’Ivoire, même si le texte en lui-même contient des avancées indéniables en matière de droits nouveaux opposables à l’Etat (pour les femmes et les jeunes notamment), en matière de contrôle démocratique et s’il supprime le ferment de guerre civile qui subsistait dans le fameux article 35 de la Constitution de 2000 qui établissait les conditions d’éligibilité des candidats. Le contexte dans lequel le texte constitutionnel a été adopté soulève quelques interrogations pour l’avenir.
La méthode d’abord. Pourquoi tant de précipitation pour changer la norme suprême du pays? Qu’est ce qui empêchait de prendre un peu de plus de temps, de faire plus de pédagogie, d’organiser des consultations qui en soient vraiment, de donner aux députés la durée d’un vrai débat parlementaire, aux différentes catégories de la population l’occasion de débattre sur la question? Honnêtement, on ne sait pas. Cela aurait assurément permis aux populations de mieux comprendre, mieux appréhender les enjeux du débat constitutionnel et donc de s’approprier la nouvelle Constitution comme un bien commun, choisi par le peuple.
Le boycott de l’opposition, ensuite. Que celle-ci ait sciemment saboté la campagne référendaire en choisissant la voie du boycott du scrutin est la marque que la classe politique, malgré quelques signes timides, n’est pas prête pour une véritable normalisation. Pratiquer le boycott au lieu de faire campagne pour le « non », c’est nier la démocratie. « Démos », peuple; « cratie », pouvoir. Oui c’est bien au peuple souverain, en démocratie, que revient le mot final, le pouvoir suprême. Appeler le peuple à ne pas voter est une grave responsabilité prise par ceux, dirigeants politiques, qui ont soutenu ce boycott. Ce n’est pas en boycottant qu’on débat.
Ce faisant, le chef de l’opposition,Pascal Affi N’guessan, clame qu’il a gagné un scrutin auquel ilCôte d'Ivoire /ONU : Ban Ki-moon salue l’adoption de la nouvelle constitution
 n’a pas participé – Sic ! (lire « FPI, l’inconséquent boycott », PolitikAfrique.info, le 17 octobre 2016).
Les résultats du scrutin, enfin. Avec 42,42 % de participation, le résultat qui sort de ce référendum est honorable. On sait bien qu’un référendum mobilise moins qu’une élection incarnée comme le sont l’élection présidentielle ou les législatives. Mais l’observation minutieuse du taux d’abstention sur la carte de la Côte d’Ivoire laisse entrevoir les fractures profondes, non refermées de la société ivoirienne. Le nord, bastion du pouvoir, qui mobilise et vote massivement (86, 58% de participation dans le Poro); le centre, fief du PDCI, relativement indifférent  (35, 8% de participation dans le Gbêkê,  23, 69% à Yamoussoukro); le sud proche de l’opposition qui suit le mot d’ordre de boycott (17, 9% de participation dans la région des grands ponts); une capitale peu mobilisée (de 17, 98% de participation dans la commune de Marcory à 62, 81% dans la commune du Plateau) ; et enfin une diaspora totalement désintéressée (5,25% de participation en France, par exemple, à l’image de nombreux pays).
Ce référendum, à bien y regarder, a été un moment de crispation plus que de concorde nationale. Il accouche d’un nouveau « contrat social » auquel tout le monde n’adhère pas. Il donne à croire que cette nouvelle Constitution, aussi légitime et légale soit-elle, ne sera finalement pas acceptée par toute la population ivoirienne.Philippe Di Nacera Directeur de la Rédaction / http://politikafrique.info/referendum-lecons-dun-scrutin-philippe-di-nacera/  Politik Afrique
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OuvertureLe Secrétaire général a salué l’annonce de de l’annonce de l’adoption de la nouvelle constitution par la Commission électorale indépendante à l'issue du référendum constitutionnel organisé le 30 octobre. Dans une déclaration publiée mercredi soir, Ban Ki-moon a noté avec satisfaction que la nouvelle constitution ivoirienne traite de certaines des causes de tension et de divisions de longue date en Côte d’Ivoire. Selon la presse, le « oui » à la nouvelle Constitution a obtenu 93,42 % des suffrages pour un taux de participation d'un peu plus de 42 %. Le scrutin avait toutefois été boycotté par l'opposition.
Ce nouveau texte constitutionnel prévoit la création d'un poste de vice-président et d'un Sénat, rend l'école obligatoire pour tous, et clarifie les conditions d'éligibilité du président en évacuant notamment le concept d'« ivoirité » qui avait été l'origine d'instabilités dans le passé. Le Secrétaire général invite toutes les parties ivoiriennes, et en particulier les dirigeants politiques et leurs partisans, à rejeter la violence et à s’abstenir de tout propos incendiaire. Ban Ki-moon exhorte en outre à régler tous différends ou griefs par des moyens constitutionnels et à s’engager dans un dialogue politique centré sur la tenue d’élections législatives ouvertes, libres et équitables dans les semaines à venir.
Source ONU (Mise en perspective : Isabelle Dupuis)
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Après la publication des résultats du vote référendaire du dimanche 30 octobre 2016, les commentaires vont bon train. Le Garde des Sceaux, Ministre de la justice, Sansan Kambilé  joint par politikafrique.info, ce mercredi,  salue le taux de participation du scrutin de la nouvelle Constitution ivoirienne.
«Le taux de participation obtenu, qui est de 42,42%, est un taux remarquable pour un référendum, quand on sait que dans de nombreux pays, ce taux oscillait entre 30 et 36% », se réjouit le Ministre.
Selon lui, partout dans le monde, l’on assiste à une baisse du taux de participation lors des scrutins, hormis les pays dans lesquels le vote est obligatoire, non pas parce qu’il n’y a pas d’enjeu, mais simplement, parce que les citoyens sont libres de s’exprimer ou de ne pas le faire. Poursuivant, le Ministre de la justice  indique que ce référendum n’est pas une élection ordinaire. « Ce référendum n’est pas attaché à la personne du Président de la République. Ce ne sont pas des  individus qui sont en lice ».
A la question de savoir si ce référendum est l’expression d’un dynamisme démocratique en Côte d’Ivoire, Sansan Kambilé répond à l’affirmatif. Il estime qu’il s’agit là d’un acte majeur de dynamisme politique et institutionnel. « Dynamisme politique, parce que toute la classe politique s’est engagée dans ce référendum, que ce soit dans le cadre de la  campagne pour le oui ou pour le non », justifie le Garde des sceaux. Toutefois, il déplore des comportements anti-démocratiques de certains hommes politiques pendant ce référendum constitutionnel. A l’en croire, « ce  qui a été fait par le peuple ne peut être défait que par le peuple ». Avant d’inviter tout un chacun au respect de la décision du peuple souverain. Adopté à 93,42%, le référendum constitutionnel a été boycotté par l’opposition.






SOURCE : politikafrique.info

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