jeudi 3 novembre 2016

Transport interurbain- Le Haut conseil du Transport, décision gouvernementale, on s’en fout, augmentez le tarif

Le Haut Conseil du Transport a contraint les transporteurs à revoir à la hausse les tarifs de transport depuis ce 1er novembre, en s’asseyant sur les décisions contraires prises le gouvernement.
En Côte d’Ivoire, certains prennent les décisions gouvernementales pour du vent qui souffle juste un instant et se dissipe, laissant chacun à sa libre interprétation. La dernière manifestation en date, le contre-pied parfait du Haut conseil du transport, une organisation qui, avec l’onction du ministère des Transports, dévoile son vrai visage.
Ce Haut conseil du transport qui ne répare aucune route en Côte d’Ivoire a décidé, contre la volonté du Chef de l’Etat, de faire « homologuer » les tarifs de transport qui a conduit à une majoration sur les lignes interurbaines. Ainsi, pour Abidjan- Bouaké et vice-versa, la compagnie AVS (A votre service) qui a été l’une des premières à mettre en action la volonté du Président Alassane Ouattara, sans contrainte, a remis à 5000 FCFA le tarif, à la surprise générale depuis ce 1er novembre.
« Le prix du transport est revenu à 5000Fcfa au lieu de 4000 Fcfa sur la ligne Abidjan- Bouaké. Je ne comprends pas. Les transporteurs-là, ils augmentent et diminuent quand ils veulent. Nous, sommes obligés de payer pour avoir des professionnels et la sécurité », s’exclame Salimata.
Salimata est l’une des clientes de la société de transport  AVS. Arrivée ce 02 novembre 2016, à la gare de transport inter-villes d’Adjamé, elle est étonnée de la nouvelle augmentation de prix. A l’exception notable des enceintes des gares de Bouaké, Yamoussoukro et Bouaké, aucune campagne d’information des usagers, sur des antennes ou dans la presse n’a été entreprise. Aussi, c’est avec surprise que les usagers ont-ils découvert ces notes d’information placardées dans l’enceinte des gares. Ceux qui avaient 4000 FCFA étaient obligés de rebrousser chemin et d’emprunter des minicars « Massa » avec les risques liés à ce type de transport.
Dorénavant,  les tickets sont augmentés de 1000 Fcfa. Abidjan-Bouaké  est passé de 4000 Fcfa à 5000 Fcfa. Abidjan –Tiébissou est rehaussé de 3000 Fcfa à 4000 Fcfa. Et, pour aller d’Abidjan à Yamoussoukro et Toumodi il faut payer maintenant 3000 Fcfa et 2500 Fcfa.
Depuis 23 années, Coulibaly Mamadou travaille à FFA Transport. Il est le chef de la gare. Selon lui, c’est un mot d’ordre du syndicat auquel il appartient.Question, des patrons peuvent-ils se mettre en syndicat? Pour lui, Les raisons sont partagées.
« Les clients se plaignent. Mais, regardez devant le parking, à moitié-prix, vous pouvez trouver des compagnies improvisées qui ne payent aucune imposition mais qui relient  Abidjan  à toutes les localités de la Côte d’Ivoire. Quand nous fixons le prix à 4000 FCFA, eux, fixent à 2000 FCFA. Ils associent les clients, louent un mini car et créent ainsi une compagnie au jour le jour », indique-t-il.
«  Notre syndicat décide de remettre les prix d’avant. La raison est que nous avons plus de charges. Nous payons les impôts, des taxes. Nous faisons la visite technique chaque 6 mois. Nous achetons des litres de carburant pour parfois 5 passagers  au lieu de 80 comme ce matin au départ de 7h », justifie-t-il.
« Nous, nous respectons toutes les mesures et impositions de l’Etat. Ce que ne font pas les démarcheurs installés devant nos gares. On ne doit pas travailler à perte, » dénonce le chef  de la gare de la société FFA transport qui estime que « notre local, son entretien et la charge salariale demande un standard et un prix raisonnable».
Pas loin, à la société BDS, Bon Dioula Service, le guichetier nous précise que l’entreprise qui l’emploie a anticipé dans sa gestion. «  Il n’y a pas d’augmentation à Bon Dioula Service. Le trajet Abidjan-Bouaké est fixé à 3500 FCFA depuis longtemps. Cela fait 6 mois que je suis  au guichet. Nous avons des prix imbattables et, les cars de 22 places, 32 et 60 places desservent parfaitement notre clientèle ».
Un argument qui bat en brèche les allégations du chef de gare de FFA, une ancienne compagnie qui lutte pour se maintenir. La faute, pas forcément aux particuliers qui leur livreraient concurrence.
A Utrako,  pour la ligne Abidjan-Korhogo, le prix aussi reste inchangé, nous dit Coulibaly S. « Cela fait deux années que nous avons baissé le prix de 10.000 FCFA à 8.000 FCFA. Et, jusqu’à présent, nous  maintenons ce prix. Il faut juste ajouter 100 FCFA pour le timbre. C’est tout », rassure-t-il.
L’augmentation du prix du transport n’est pas effective dans toutes les sociétés de la gare d’Adjamé. L’entreprise JM, Jésus Marie, vend le ticket Abidjan – Aboisso à 1500 Fcfa, alors que d’autres le font à 2.000 Fcfa.
Pour l’un des démarcheurs de la gare d’Adjamé qui accoste les clients dès leur arrivé à la gare en taxi, certaines sociétés « font plus cher qu’avant », révèle-t-il.
Il est évident que « quelque chose cloche » et que le Haut conseil du transport a pris l’option de la rébellion contre l’Etat. On ne peut comprendre que Diaby Ibrahim et ses acolytes aient parcouru le territoire national pour plaider la baisse des tarifs de transport il y a quelque temps et en catimini, susciter une augmentation.
Une source de révéler que « c’est la promotion de 1 mois de CTE, 2500FCFA comme tarif sur la ligne Bouaké-Abidjan qui a mis le feu aux poudres ». Pourtant, les responsables de cette compagnie ont clairement circonscrit la promotion sur le mois d’octobre écoulé et indiqué revenir à 4000FCFA dès la fin de cette promotion, consécutive à l’ouverture d’une nouvelle gare à Bouaké.
Les tentatives de Politikafrique.info pour avoir les justifications de Diaby Ibrahim, à la tête de cette organisation, sans raison, ont été vaines ; l’individu n’ayant pas jugé utile de décrocher son téléphone.
Au ministère, une source dégage vite la responsabilité de Gaoussou Touré. « Cette augmentation est contraire aux instructions du Président de la République et aux efforts du ministre des Transports, il faut en demander justifications au Haut Conseil du transport » a-t-elle indiqué. Mais, aucune rencontre n’a été convoquée par le ministère avec les animateurs de cette mafia pour les entendre sur leurs motivations réelles.





SOURCE : politikafrique

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